Yamadou le combattant

Ecrit par Sen dao

yamadou pose comme un karateka

Yamadou Diakho, triple champion du monde de karaté se livre

 

Né au Sénégal
en Janvier 80, j’ai passé ma petite enfance dans mon village à Koughany. Mon
enfance se déroule sous la surveillance de ma grand-mère et de mon grand frère.
A l’époque j’avais beaucoup de difficultés à suivre les cours coraniques. Une
chose est certaine, j‘étais déjà déterminé et passionné par les choses qui me
tiennent à mon sondomé*(*cœur). 41 ans après, les personnes témoins de mon
enfance sont unanimes sur ma détermination notamment quand ils, elles évoquent
mon enfance au pays, dans mon village du Sénégal, frontière avec la Mauritanie,
simplement séparés par le fleuve auquel nous avions l’habitude de traverser à
la nage ou à pied, quand l’eau est à son plus bas niveau à certains endroits.

Tendre séparation…

Septembre 91, je quitte mon village pour la France. Un déracinement dois-je dire plutôt. C’est aussi la dernière fois où j’ai encore la chance de sentir la chaleur de ma grand-mère, me prenant debout dans ses bras de lionne pleine de courage et de sagesse. Elle me regarde droits dans les yeux, (en temps général ce regard est synonyme d’avertissement, avant une réprimande ou une correction à l’africaine. J’avoue être nostalgique de ses moments de mon enfance. Cela semble paradoxal pour un occidental, où tout autres personnes nées hors du continent. Bref retour à mon histoire) je suis surpris de voir la bienveillance et toute la tendresse d’une véritable vérité. C’est un moment hors du temps où ce temps n’a pas existence ou emprise, jusqu’au moment où elle prononce ces quelques phrases. Avec la stature d’une reine africaine, elle me dit  « mon fils c’est la dernière fois qu’on se voit !!!  » Et bien sûr, moi ignorant et naïf que je suis, je réponds, les yeux plongeant dans les siens avec mon plus beau de sourire ainsi que ma fierté de soninke, avec aplomb  « mais si grand-mère je viendrai te voir, tu sais très bien !!! » En disant ça, je sais que je me mens intérieurement. Je ressens un vide inter-galaxique à l’intérieur de moi. Tout en me rendant compte dans mon sondomé qu’elle a parfaitement raison. Mon esprit inconscient qui donne raison à ses dires. En tout pour tout, je passe 15 jours à Dakar dans la capitale sénégalaise pour y retourner une semaine un an après et pour ne jamais y remettre encore les pieds pour le moment.

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